Assemblée Générale Socfin : de Douala au Luxembourg la mobilisation faisait écho


Le 31 mai 2017, du Cameroun au Luxembourg jusqu’à l’intérieur de l’Assemblée Générale des actionnaires, les riverain.es et militant.es ont demandé à la Socfin de respecter les droits humains.

L’appel des riverain.es des plantations à la solidarité a été entendu. Dès le matin au Luxembourg, citoyen.nes et militant.es de plusieurs organisations françaises, belges et luxembourgeoise étaient au rendez-vous devant l’assemblée générale des actionnaires de la Socfin.

Du Luxembourg …

Pour atteindre l’assemblée, les actionnaires ont du piétiner les militant.es allongés au sol autant que la Socfin piétine les droits des communautés locales. Ils ont ensuite traversé les poissons pourris suspendus aux cannes à pêche, ces mêmes poissons que pêchent les riverain.es dans les rivières polluées par les plantations de la Socfin.

Parallèlement, des militant.es également actionnaires étaient présents dans l’assemblée face à Huber Fabri, PDG de la Socfin, pour lui demander des explications.

… à Douala

Au même moment, à Douala au Cameroun les riverain.es de l’ensemble des plantations avançaient, ensembles, vers la direction des plantations pour revendiquer et demander à ce que les engagements pris soient respectés.

Venus de 6 plantations différentes, plus de 150 membres de la Synaparcam (association des riverains au Cameroun) se sont regroupés pour marcher jusqu’à la direction des plantations. Munis de bouteilles d’huile de palme, pour demander la restitution de certaines terres en échange de ce liquide qui semble si précieux aux yeux de la Socfin.

Stoppés par les forces de l’ordre, le cortège a du s’interrompre. Le commissaire spécial a pris possession du courrier, pour le remettre à la direction, et revenir encadrer la marche si le directeur acceptait de les recevoir.

Malheureusement, après plusieurs heures d’attente, aucune réponse de la direction ne s’est fait connaitre. Les délégations sont retournées dans leurs plantations respectives, bien décidées à se mobiliser à l’échelle locale pour maintenir la pression et pousser la direction à ouvrir le dialogue. 

 

Les riverain.es réunis à Douala pour lutter contre les abus de la Socfin

Et ailleurs ?

Au Libéria, les Riverains étaient préparés à occuper les écoles de la plantation jusqu’à ce qu’une solution satisfaisante soit trouvée et que des engagements solides soient pris par la direction, et non pas des promesses floues. La pression exercée par la menace d’action, avec les examens nationaux en cours, ont poussé la direction à réagir en urgence en rencontrant les leaders la veille de la mobilisation prévue. Le gouvernement s’est joint à la direction de la Socfin pour rencontrer les représentants de l’association des riverain.es Libérienne, les négociations ont permis d’aboutir aux engagements suivants :

  • Le porte parole du « Public and Civil Authorities », représentant du gouvernement, s’est engagé à faire avancer le plus rapidement possible le dossier sur les 50% des compensations des cultures détruites qui doivent être payées par l’État et la mise en place d’une plateforme tripartite de négociation État/Socfin/Riverain.es pour faire avancer plus rapidement les choses. 
  • La direction des plantations de la Socfin s’est engagée à travailler de concert avec les autorités locales sur ce processus de négociation, et à enclencher le processus sur la construction d’une école pour les enfants des riverain.es, pour qu’elle puisse être ouverte à la rentrée 2017, une nouvelle rencontre est prévue cette semaine pour avancer sur les propositions.

La mobilisation du lendemain a donc été annulée, les riverain.es étant satisfaits des avancées que ces engagements permettent.

Au Cambodge, le calendrier politique en cours n’a pas permis d’organiser une mobilisation le jour même. Cependant, les riverain.es continuent de s’organiser, des mobilisations sont donc sont prévues très prochainement.

En Côte d’Ivoire, une délégation se préparait pour aller demander à la direction des plantations d’ouvrir le dialogue avec les représentants de l’UVD (association des riverain.es en Côte d’Ivoire), mais faute d’un nombre suffisant de participants, et sous la pression administrative due au contexte politique actuel, ils n’ont pas pu mener à bien leur mission.

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