DOUALA : Les habitants du quartier Makepe Missoke redonnent vie au forage à sec par des mises en scènes dénonçant le manque d’accès à l’eau potable.

A Douala, malgré les promesses de nouveaux forages, la lenteur de la mise en œuvre du projet PIGEDEA irrite les habitants d’un quartier particulièrement touchés par la problématique d’accès à l’eau

Le 26 Mai, comme chaque matin, hommes, femmes et enfants sont nombreux à faire la queue pour remplir seaux et bidons à l’un des rares points d’eau du quartier de Makepe Missoke : la station-service. Mais le 26 mai, ils sont une trentaine de personnes à s’ajouter à l’attroupement autour de ce point vital, et munis de récipients, ils ont décidé de marcher ensemble jusqu’au forage du bloc 1, qui ne fonctionne plus depuis plusieurs années. Le cortège, mobilisant les riverains au passage, s’est ensuite attroupé autour du forage à sec, et les habitants, organisés au sein de l’association OnEstEnsemble, ont illustré à travers des saynètes les conséquences du manque d’eau potable, pour interpeller les responsables sur ce problème vital.

L’accès à l’eau potable est devenu un véritable casse-tête pour les habitants du quartier de Makepe 1 Missoke, arrondissement de Douala 5ème. Les ménages font la corvée pour trouver de l’eau autour de quelques points d’eau installés dans ledit quartier. Ils peuvent parfois faire le rang pendant des heures pour pouvoir remplir leurs seaux et bidons, les sources d’eau potables étant limitées. En effet, la Camwater avait installé deux cuves dans le quartier, notamment pour pallier le fait que près de 10 blocs sur 24 ne sont pas connectés au réseau d’eau, mais elles sont remplies de manière aléatoire. Les personnes qui ne bénéficient pas d’un forage privé sont dépendantes de la bienveillance de certains particuliers ou entreprises, mettant à disposition leurs robinets.

Pourtant, le manque d’accès à une eau de qualité est source de nombreuses maladies, comme le choléra, la typhoïde, la diarrhée, ou certaines hépatites. Les maladies d’origine hydrique représentent en effet le principal problème de santé publique dans un pays comme le Cameroun, où, selon la Banque Africaine de Développement, 67% de Camerounais n’étaient pas connectés au réseau d’adduction d’eau en 2010.

« Le droit à une eau potable propre et de qualité et à des installations sanitaires est un droit de l’homme, indispensable à la pleine jouissance du droit à la vie »

(Déclarations du 28 Juillet 2010 de l’ONU)

Pour faire valoir ce droit, reconnu comme droit de l’homme par l’UNESCO en 2003, les habitants du quartier, organisés au sein de l’association OnEstEnsemble, ont interpellé différents responsables. Le quartier doit bénéficier du projet PIGEDEA (Programme Intercommunal De gestion Durable de l’Eau et de l’Assainissement), qui devrait permettre la réhabilitation des forages (4 identifiés) et ainsi améliorer l’accès à l’eau potable. En octobre 2017, le comité de gestion de l’eau et de l’assainissement de Makepe 1 Missoke a été élu et les travaux de réhabilitation auraient dû commencer en janvier 2018. 5 mois plus tard, le comité de gestion n’a toujours pas été officialisé par la Mairie, qui pilote le projet, et aucuns travaux n’est visible sur le terrain. Face à ce problème, les habitants du quartier se sont rapprochés de la mairie de Douala Ve, et malgré tous les courriers d’interpellation déposés à l’attention de Monsieur le Maire, Gustave Ebanda, aucune réponse n’a été faite.

Les habitants mobilisés espèrent ainsi faire réaliser l’urgence de la situation aux différents responsables, pour que la Mairie et la Communauté Urbaine de Douala (CUD) respectent leurs engagements et prennent leurs responsabilités comme précisé dans le projet PIGEDEA. « Nous ne pouvons pas continuer à mettre en danger la vie de nos enfants, le besoin d’eau potable à Missoke doit être adressé au plus vite », interpelle Lobe Kala Charles Rigobert, habitant du quartier et président de l’antenne locale de l’association mobilisée aujourd’hui.

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