INTERNATIONALISME SYNDICAL : S’ORGANISER ET GAGNER

Le ReAct a organisé l’Université d’automne syndicale, qui s’est tenue du 20 au 22 novembre 2017 à la Bergerie de Villarceaux en Ile-de-France. Retour sur 3 jours de rencontres, de formation, d’échange de pratiques et de discussion autour de l’internationalisme syndical et des nouvelles formes de syndicalisation.

La première université intersyndicale francophone

Pour cette première université intersyndicale francophone du Global Labour Institute (GLI) Paris, 98 représentants syndicaux, chercheurs et acteurs associatifs issus de 15 pays se sont réunis pour penser le rôle des organisations syndicales dans la transformation de la gouvernance mondiale. A cette occasion, les participants ont planché pendant trois journées sur la manière de travailler ensemble à la mutualisation de leurs outils, à la capitalisation de leurs expériences et à la mise en œuvre de projets communs.

Les récits d’expériences d’alliances intersyndicales ont permis de comprendre les leviers que pouvait représenter la coordination transnationale dans l’amélioration des conditions de travail et du pouvoir des syndicats.

 

Rencontre des syndicalistes du GLI

 

Divers sujets abordés

L’Alliance internationale des salariés d’ST Microelectronics unissant neuf syndicats appuyés par le ReAct, le réseau international des centres d’appel très développé au niveau euro-méditerranéen expliqué par l’UGTT (Tunisie), la bataille victorieuse pour le droit des travailleurs des usines Coca Cola au Guatemala, l’état d’avancement du réseau syndical international de solidarité et de luttes réunissant une soixantaine d’organisations porté par Solidaires ou encore le récit de la campagne Fight for 15 sont autant d’expériences qui ont nourri les discussions et permis d’élaborer une ébauche de guide méthodologique pour outiller les militants syndicaux employés par une multinationale.

En plus de cela des alliances se sont également constitués pendant les temps informels de l’université entre syndicalistes faisant face à une même multinationale. Un travail est ainsi lancé sur les entreprises de transports du groupe Bolloré en Afrique Centrale et Afrique de l’Ouest, ou sur les chaines d’hôtel Accor.

 

L’ensemble des participants du GLI

 

Partage d’expériences originales

Plusieurs ateliers ont permis de partager les expériences de syndicalisation dans les secteurs les plus éloignés des syndicats : syndicalisation des coursiers à vélo avec le CLAP (Collectif des Livreurs Autonomes de Paris), syndicalisation des femmes de chambre avec le partenariat CNT SO-ReAct, syndicalisation des travailleurs informels du transport en Ouganda, syndicalisation des travailleurs détachés du bâtiment  avec la CGT et ses partenaires européens… Ces expériences ont permis d’identifier les bonnes pratiques et les conditions à réunir pour surmonter les obstacles et difficultés et obtenir des transformations significatives.

L’université a également été l’occasion de partager les expériences d’alliances entre le mouvement syndical et les autres mouvements sociaux : syndicats et associations de consommateurs, syndicats de quartier, la place de l’environnement dans les luttes sociales, le droit des femmes dans le mouvement syndical…

Enfin, l’université intersyndicale francophone a permis beaucoup de discussions informelles, des rencontres avec d’autres militants syndicaux racontant leur contribution au développement du mouvement syndical sur leur territoire, mais aussi des soirées à chanter des chants de lutte, à échanger contacts et à préparer les luttes syndicales à venir.

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