Le McDonald’s Gare de l’Est à l’arrêt pendant cinq jours suite à une grève reconductible

MICHEL PARMENTIER, LE RICHISSIME FRANCHISÉ CONTINUE DE FAIRE LE MORT

Après avoir manifesté ce vendredi 11 mai pour dénoncer les bas salaires, la politique antisyndicale et l’évasion fiscale de la multinationale McDonald’s, les salarié.es grévistes occupent le McDonald’s de Gare de l’Est Magenta. Une occupation inédite qui a duré 6 jours.

« Nous étions plus de 200, des salariés grévistes de Paris, de Marseille, beaucoup d’étudiants dont certains travaillent chez McDo, quelques cheminots, des postiers, mais aussi des chauffeurs-livreurs à moto qui sont nos prestataires»
raconte un salarié gréviste
McDonald's, Gare de l’Est Paris.

Vendredi 11 mai, en début de soirée, plus de deux cents salarié.es de la multinationale venu.es de plusieurs villes de France et soutenu.es par des militant.es ont fait fermer sept restaurants franchisés McDonald’s de Gare du Nord à Opéra.

Le point commun entre ces restaurants : leur propriétaire millionnaire peu scrupuleux. Sur la période 2008-2014, Michel Parmentier, dépensait en moyenne 26 euros de frais de personnel pour 100 euros de recettes, soit 27% de moins que dans les restaurants détenus directement par l’enseigne. Droit de la représentation du personnel détourné, travail de nuit et du dimanche sans majoration, absence de 13ème mois, la liste des abus est longue. Malgré ses 50 millions d’euros de chiffre d’affaires générés à l’époque par ses 15 restaurants Mc Donald’s, Michel Parmentier continue d’imposer des conditions de travail indécentes dans les 23 restaurants qu’il possède en 2018.

A l’issue de la manifestation de vendredi, les salarié.e.s grévistes du McDonald’s Gare de l’Est décident alors de se mettre en grève reconductible pour pousser M. Parmentier à ouvrir les négociations. En soutien, plus de 500 personnes, salariés de Mc Donald’s, cheminots, étudiants et salarié.e.s d’autres secteurs en lutte sont venus dans le restaurant pour dénoncer la précarité incarnée par la multinationale.

Les salarié.e.s demandent la reconnaissance de l’Unité Economique et Sociale (UES) que constituent les restaurants de Parmentier afin de bénéficier des primes de participation qui leur sont dues et de mettre fin à la politique antisyndicale via l’élection de représentation du personnel à l’échelle du franchisé.

Le rapport Unhappier Meal, sorti le 14 mai, sur les pratiques fiscales de McDonal’s, met l’accent sur l’utilisation par la société de mécanismes d’évitement fiscal en Europe et dans les juridictions à faible taux d’imposition et de secret à travers le monde. Il montre comment, au milieu d’une enquête fiscale et le lendemain du Brexit, McDonald’s a modifié sa structure fiscale en se déplaçant du Luxembourg au Delaware aux États-Unis et en faisant appel à une myriade d’entreprises intermédiaires à Singapour, Hong Kong et au Royaume-Uni, et à des entreprises des îles Caïmans, des Bermudes et de Guernesey.

Des personnalités politiques, Jean Luc Mélenchon, Eric Coquerel sont déjà venus dimanche rendre visite aux salarié.e.s grévistes du restaurant de la Gare de l’Est. D’autres personnalités ont déjà prévu passer cette semaine dont Eva Joly jeudi 17 mai à 15h. En attendant, les salarié.e.s, déterminé.e.s, maintiendront leur grève jusqu’à satisfaction complète de leurs revendications.

Le saviez-vous ?

Michel Parmentier, propriétaire du Mc Donald’s de Gare de l’Est, refuse de publier les comptes de ses différents restaurants – alors que cela constitue une obligation légale et que la plupart des restaurants McDonald’s franchisés s’y soumettent.

Mais qu’est-ce que Michel a à cacher ? Est-il gêné par les millions que génèrent ses restaurants tous les ans ?

Une explication possible : Michel aurait peur que les bénéfices de ses restaurants (tous globalement très bien situés dans Paris intra-muros) paraissent disproportionnés par rapport aux salaires qu’il offre à ses équipiers. Car d’après nos estimations, les 23 restaurants gérés en franchise par Michel Parmentier rapporteraient ensemble tous les ans 5 millions de bénéfices… qui vont pour l’essentiel de la poche des actionnaires (Michel et le groupe McDo). Ainsi, les bénéfices de Michel équivalent à 7000€ /salarié.e /an… Soit l’équivalent de 6,3 mois de salaire pour un employé payé au SMIC, la norme chez McDonald’s.

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