Stop au Micmac

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FIGHT FOR 15 $: MOBILISATION DES SALARIÉ.ES DE MACDONALD’S

En 2012, quelques dizaines de salarié.es de fast-food lancent un mouvement de grève inédit à New York. Excédés par les salaires misérables qui les obligeaient à faire plusieurs jobs pour avoir un revenu décent, ils demandent une augmentation importante du salaire minimum qui mette fin à la situation de millions de travailleur.ses pauvres. C’est le début du Fight for 15$. Avec le soutien des principales alliances citoyennes (Chicago Action now, New York Communities for Change, etc.) et du syndicat SEIU, le mouvement prend de l’ampleur et rassemble bientôt des centaines de milliers de personnes.

Début 2016, les premières victoires notables sont obtenues lorsque l’État de Californie, celui de New York ou la ville de Seattle vote la mise en place d’un salaire minimum à 15$/heure. Pour aller plus loin, le mouvement veut pousser les grandes entreprises du secteur à garantir ces salaires dans tous les territoires, et en premier lieu le leader de la restauration rapide : McDonald’s.

Après de multiples actions derrière le slogan « McJobs Cost Us All » (les McBoulots Nous Coutent Tous), le constat est fait que la firme ne cédera pas facilement. Face à une multinationale, il faut aller chercher des alliés dans tous les pays où elle est implantée. Le deuxième pays dans lequel McDonalds fait le plus de bénéfices est la France. Les échanges entre les syndicats américains et français se développent et le ReAct est sollicité pour apporter son expérience sur les campagnes multinationales.

Le ReAct

MCDONALD’S LE ROI DU MICMAC

 

On ne présente plus le leader du secteur de la restauration rapide. Deuxième employeur mondial derrière Walmart avec 1,9 millions de salarié.es à travers le monde, on connaît tous au moins une personne qui a eu un « McJob ». McDonald’s est aussi le plus grand acheteur de viande bovine aux Etats-Unis et l’un des principaux acheteurs de poulet et de pommes de terre à travers le monde.

En France, elle emploie plus de 70 000 salarié.es directement ou via les franchisés. Les rapports « Unhappy meal » (EPSU, EFFAT, War on Want et SEIU, 2015) ont dévoilé un système d’évasion fiscale élaboré qui permet à la firme de ne payer que très peu d’impôts en France. Grâce à un rescrit fiscal délivré par les autorités fiscales luxembourgeoises au lieu de se voir appliquer un taux d’impôt sur les bénéfices de 29% comme toute entreprise, McDonald’s n’a payé que 1,4% d’impôts en 2013, 1% en 2014 et 0,7% en 2015.

McDo, c’est aussi :

  • 96 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2018
  • l’un des principaux propriétaires d’immobilier commercial à travers le monde
  • le premier distributeur de jouets au monde : plus de 1,5 milliards de jouets distribués chaque année dans des menus Happy Meal
  • 115 tonnes d’emballages par jour en France, soit près de 42.000 tonnes par an

Le ReAct

LES ACTIONS DE LA LUTTE





ACTION GLOBALE DU 14 AVRIL 2016
La campagne McDonald’s en France démarre le 14 avril avec une action forte : blocage de 7 McDonald’s à travers le pays. Au rendez-vous, 200 personnes à Rennes, 100 à Marne la vallée, Disneyland Paris, 100 à Grenoble, 50 à Lyon, 100 à Paris. 

ACTION GLOBALE DU 14 AVRIL 2016
Des citoyen.nes de Nuit Debout et des Alliances citoyennes grenobloise, parisienne et rennaise, des étudiant.es de l’Unef, l’UNL, d’autres organisations militantes et des salarié.es de la nombreux indignés ont répondu à l’appel et ont réalisé une série de perquisitions citoyennes sur des restaurants McDonalds pour chercher l’argent qui a échappé au fisc et aux employé.es. Les restaurants sont devenus le temps d’une occupation, le terrain d’une chasse aux profits dissimulés dans les entreprises.





ACTION DU 26 OCTOBRE 2016
Armé de nouvelles revendications, de nouveaux alliés et d’une nouvelle campaigner, le ReAct a organisé en octobre la seconde action forte ciblée sur des restaurants d’un franchisé qui fait figure de bon élève dans le système McDonald’s : Christian-Michel Fenet. 





ACTION DU 26 OCTOBRE 2016
Les salarié.es de l’enseigne épaulés par les citoyen.nes issus des réseaux des différents alliés se sont donnés rendez-vous pour se mobiliser contre les bas salaires et les mécanismes d’évasion fiscale qui les privent de primes de participation. Ensemble, ils demandent à McDonald’s de mettre fin à des pratiques fiscales et sociales nuisibles.





Les présidentielles 2017 ont été l’occasion de faire du bruit sur la lutte des salarié.es de McDonald’s en France grâce à la venue de plusieurs candidats comme Arnaud Montebourg, Benoit Hamon et Jean-Luc Mélanchon dans des restaurants McDonald’s à Paris.





La campagne McDonald’s en France en 2017 démarre le 13 Janvier avec une action forte : « Stop au MCJackpot ». Pour ce vendredi 13 janvier, les salarié.es McDonald’s ont occupé plusieurs restaurants parisiens de l’enseigne pour dénoncer l’évasion fiscale et les emplois précaires.



Un mois plus tard, le 5 avril, le collectif « McDo passe à la caisse! » créé par le ReAct a lancé des actions dans toute la France pour dé-noncer la stratégie d’évasion fiscale mise en place par McDonald’s. A Paris, Grenoble, Cergy, Lille, Reims, Toulouse, Lyon, Rennes, Bordeaux, Marseille, Rouen, Strasbourg, les salarié.es ont occupé leur restaurant afin de protester contre la délocalisation des béné-fices de McDonald’s.

Le ReAct

LA CAMPAGNE AUJOURD’HUI

  • Appui aux syndicats
Action en soutien à un salarié de Sud devant les prud’hommes, octobre 2019

Aujourd’hui, le ReAct a construit des alliances solides avec les travailleurs-euses organisé-es de McDonald’s, principalement en Ile-de-France avec la section Sud Solidaires McDo ainsi que la CGT McDo Ile-de-France, mais aussi à Marseille.

Tout au long de l’année, nous tentons de soutenir ces syndicats, notamment via un travail d’organizing qui permet de recruter davantage de membres, de l’appui lors des élections professionnelles ou pour l’organisation d’action, ou encore de la formation afin de renforcer les compétences des militant-es syndicaux.

 

  • Favoriser l’action collective des travailleurs-euses McDo

Depuis plusieurs années, nous tentons également d’aller vers les salarié-es traditionnellement peu syndiqué-es, et de construire avec eux des actions collectives qui leur permettent de gagner des améliorations de leurs conditions de travail.

Ainsi, en 2019, nous avons lancé un travail sur le salariat étudiant : McDo est en effet le premier recruteur de jeunes et profite de la précarité étudiante pour tirer vers le bas les salaires et conditions de travail. D’un autre côté, les étudiant-es ont tendance à assez peu se syndiquer et s’investir pour la défense de leurs droits dans des emplois qui ne sont pour eux que temporaires. Le ReAct aide donc à la construction d’un collectif d’étudiant-es salarié-es à McDo, qui puisse se battre pour de réelles améliorations de ses conditions de travail et travailler conjointement avec les syndicats.

En 2020, nous souhaitons aussi appuyer l’organisation des salarié-es des McDo de banlieue parisienne, qui souffrent généralement de conditions de travail encore pires que celles qui existent dans les McDo de Paris intramuros. Nous soutenons également un groupe de salarié-es dénonçant les pratiques sexistes en vigueur à McDo (port de la jupe obligatoire, pression sur l’apparence, cas de harcèlement et agressions sexuelles).

  • Construire de nouvelles alliances

Le projet du ReAct est également de décloisonner le syndicalisme et de tisser de nouvelles alliances entre les travailleurs-euses et les autres composantes des mouvements sociaux. Nous avons notamment beaucoup travaillé avec Attac contre l’évasion fiscale pratiquée par McDo. Aujourd’hui, nous travaillons à la construction de nouvelles alliances avec le mouvement écologiste ou encore les organisations féministes.

 

POURQUOI EST-CE UNE PRIORITÉ ?

L’évasion fiscale, les pratiques environnementales et le non-respect des droits sociaux par les multinationales constituent des freins au développement. En contournant et/ou en ne respectant pas la loi, elles sapent les normes fixées par la loi et encouragent une course aux pires méthodes de par la chaine de production.

Or, nous pouvons peser de manière conséquente sur McDonald’s en France, le marché français étant le deuxième marché de la multinationale à travers le monde (juste derrière les États-Unis) et le principal marché en Europe. Les ventes en France ont en effet doublé ces dernières dix années,  et ont atteint 4,6 milliards d’euros en 2014. Début 2016, McDonald’s France compte plus de 1.385 restaurants (franchises et restaurants exploités directement par la société confondus) et plus de 70.000 travailleurs peu syndiqués.

Si McDonald’s France a beaucoup investi pour tenter de redorer son image, ses pratiques dévastatrices servent de référence pour son secteur d’activités et fixe une norme  qui est scandaleusement basse. Malgré ses belles déclarations, McDonald’s nous trompe tous :

  • Par son évasion fiscale, en diminuant les ressources publiques pour soutenir nos écoles, nos routes, nos hôpitaux ;
  • En évitant toute responsabilité en tant qu’employeur et franchiseur ;
  • En recourant à des pratiques environnementales et d’approvisionnement qui privilégient une monoculture industrielle et une production nocive pour l’environnement et le consommateur.

Le ReAct