Newsletter Janvier

A travers le soutien aux organisations locales en lutte, la création d’alliances transnationales, et l’appui à des campagnes globales, le ReAct entend poursuivre la lutte contre les abus des multinationales en 2020.

 A Paris, les équipiers.ères de Mc Do s’organisent contre les pratiques sexistes et discriminatoires. Et la campagne globale suit son cours à l’échelle transnationale pour améliorer les conditions des salarié.es.

A Douala, les habitant.es des quartiers précaires interpellent le nouveau DG français de l’entreprise Enéo, en charge de l’offre d’électricité, sur les infrastructures dangereuses qu’il reste à changer : le syndicat citoyen d’usagers et de travailleurs se construit progressivement.

A Tunis, les riverain.es de la décharge polluante de Borj Chékir se mobilisent pour sa fermeture, tout comme les habitant.es du bidon-ville de Korogocho à Nairobi qui visent à déplacer la décharge trop proche. Tous.tes sont membres du réseau ACORN International.

Les riverain.es des plantations affecté.es par les agro-industries des groupes Socfin et Bolloré s’apprêtent également à activer de nouveaux leviers pour lutter contre les accaparements de terres.

Zoom sur quelques luttes en cours : zoom sur quelques luttes en cours 

Lutte des équipiers de MacDonald’s pour des conditions de travail  décentes

Un collectif de salarié-es à McDo mobilisé-es contre les pratiques sexistes et discriminatoires se construit progressivement. En effet la réalité du travail à McDo est plutôt éloignée du « venez comme vous êtes » : remarques quotidiennes aux salariées sur leur maquillage, obligation de porter la jupe dans certains restaurants, commentaires sexistes de la part de managers ou de clients, cas de harcèlement sexuel… Le mois de février verra normalement la formalisation de ce collectif, qui devrait se choisir un nom et des revendications prioritaires très prochainement pour passer à l’action ! Pour continuer à construire tout ça et commencer à investir un autre terrain de syndicalisation dans les banlieues nord de Paris, nous cherchons à recruter une organisatrice.

A Marseille, les salarié-es continuent de se battre contre la liquidation de leur restaurant et attaquent McDo France devant le TGI de Marseille, afin d’exiger la reprise de leurs contrats par McDo France et la sauvegarde de leur emploi.

Douala : des habitant.es des quartiers précaires occupent la communauté urbaine pour un meilleur service d’éclairage public


Des habitant.es de 6 quartiers de Douala, organisés au sein de l’association OnEstEnsemble, interpellent le délégué du gouvernement depuis près d’un an sur le manque d’éclairage public. Les promesses non-tenues par différents responsables de la CUD (Communauté Urbaine de Douala) et le manque de dialogue avec le responsable les ont poussé à mener une nouvelle action non-violente. Plusieurs membres avaient préparés une saynète pour illustrer l’insécurité de leurs quartiers, plongés dans le noir. La forte présence policière n’a pas découragé les participant.es, qui sont resté.es plusieurs heures devant le bâtiment administratif. Le mépris de la part du délégué du gouvernement, qui n’a pas daigné recevoir la délégation, les poussent à se tourner vers le Gouverneur. A suivre.

Les membres de l’association sont également en cours de négociation avec le nouveau directeur de l’entreprise Enéo, en charge du service d’électricité au Cameroun. Le français Eric Mansuy vient de prendre la direction du groupe public-privé, détenu à 56% par le fonds d’investissement britannique Actis. Il a ouvert le dialogue avec l’association dès son arrivée, suites aux interpellations précédentes.

Les citoyen.nes à bas revenus de Douala, habitant.es des quartiers précaires, travailleur.ses pauvres, qui s’organisent en syndicats d’usagers et de travailleur.ses informel.les sont ainsi confrontés tour à tout à des décideurs publics, à des groupes privés et à des entreprises multinationales, impliquées dans la gestion de certains services publics ou la mise en oeuvre de grands chantiers urbains.​

UNITI LYON : les agents de sécurité de Carrefour Part-Dieu offrent à leur employeur de la main d’œuvre gratuite pour Noël

Mercredi 18 Décembre, une cinquantaine d’agents de sécurité grévistes et de militants ont organisé un barrage filtrant devant le supermarché pour dénoncer le non-paiement de leurs heures supplémentaires par la société Lynx Sécurité.
« Nous travaillons 12h par jour, aujourd’hui j’ai plus de 80h supplémentaires qui n’ont jamais été payées. Pendant les fêtes de Noël nos plannings sont surchargés, on n’en peut plus », témoigne un salarié.
Les agents de sécurité, organisés au sein du syndicat UNITI, ont décidé de passer à l’action suite au déni de la direction des dysfonctionnements dénoncés par courrier.
L’action paie
Toutes les heures supplémentaires non payées en 2019 ont été régularisées, et le paiement se fera au trimestre plutôt que de manière annuelle !
Dès janvier, les salariés ont pu constater des changements positifs dans leur quotidien au travail suite à la grève : moins de changements de planning chaque mois, une communication plus respectueuse de la part de leurs supérieurs, des améliorations sur le plan administratif.

Nouveaux leviers contre les accaparements de terre
des groupes Socfin et Bolloré

Le Point de Contact National de l’OCDE des Pays Bas a reconnu recevable la plainte contre la banque ING pour complicité d’abus de plusieurs compagnies productrices d’huile de palme, incluant le groupe Socfin.
Le cabinet indépendant Profundo vient également de publier un rapport décryptant la structure du groupe Socfin et ses relations avec le groupe Bolloré.
La Loi française pour le Devoir de Vigilance offre également de potentiels nouveaux leviers pour contrer les abus de la multinationale sur les communautés locales.
Malgré les nombreux rapports publiés en 2019 dénonçant les violations des droits autour des plantations de palmiers à huile et d’hévéas du groupe Socfin, le groupe Michelin, client important pour l’achat de caoutchouc, n’a pas réagit. Il est peut être temps de l’interpeler à nouveau.
L’Alliance Transnationale des Riverains des plantations, soutenue par le ReAct, va étudier les différents leviers à activer en 2020 pour amener à des améliorations concrètes de leurs conditions de vie. 

Le collectif Repenser les Filières, co-animé par le ReAct et Banana Link, a tenu son séminaire annuel à la Bergerie de Villarceaux, du 10 au 13 Février dernier. Une quarantaine de militants associatifs, chercheurs, entrepreneurs de l’économie sociale, se sont retrouvés pour un temps de partage de stratégies pour transformer les chaînes de valeur. Des expériences ont notamment été partagées autour des nouveaux leviers permis par la Loi sur le Devoir de Vigilance pour réguler les multinationales.

15 community (citoyen/quartier) et union (syndical) organizers du ReAct, de l’Alliance Citoyenne et du syndicat UNITI se sont réunis durant 3 jours afin de se co-former, d’échanger leurs pratiques et de réfléchir aux stratégies et au travail à mener ensemble pour l’année 2020.

Jeudi 23 janvier, le ReAct a participé à la journée inter-assos : « Survivre et riposter aux attaques contre les libertés associatives » organisée par L.A. Coalition (Libertés Associatives), dont nous sommes membre. Partage notamment de bonnes pratiques de défense contre les diverses attaques que peuvent subir les associations de la part des pouvoirs publics ou d’autres secteurs, et définition de pistes de riposte. Un manuel sera prochainement publié à partir des résultats de cette réunion publique, pour lutter contre le rétrécissement de l’espace démocratique.

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