Notre démarche



Notre vision

ReAct Transnational (Réseau pour l’Action collective transnationale) est une ONG née en 2010 à partir d’une analyse partagée : L’aggravation des inégalités et de la crise climatique et environnementale ont pour cause principale la domination des intérêts de plus puissants sur ceux de la majorité et la préservation de la planète et des écosystèmes. Les grandes entreprises multinationales centralisent, organisent et financent la défense des intérêts de ces élites à tous les niveaux.

S’inscrivant dans la lignée de plusieurs générations de militant.es du progrès social et démocratique, ReAct Transnational appuie l’organisation des personnes affectées par ces abus à travers le monde, afin de construire un pouvoir social à même de défendre les droits et intérêts du plus grand nombre. Pour cela, il incube des organisations démocratiques locales et soutient celles existantes pour permettre la constitution de vastes coalitions transnationales. Ces alliances transnationales de citoyen.nes et de travailleur.euses pauvres à même de demander des comptes aux multinationales sont la condition fondamentale d’un changement systémique durable.

Il s’agit donc de constituer un réseau d’organisateurs syndicaux comme chevilles ouvrières des syndicats de citoyen.nes et de travailleur.euses locaux et animateur.trices des alliances transnationales qui les lient dans des campagnes globales.

Par où commencer       

L’ambition est grande et l’horizon semble lointain : la structuration, à l’échelle internationale, de réseaux capables de lutter ensemble pour la justice sociale et la protection de l’environnement. Il s’agit de mener des campagnes stratégiques ciblant des responsables précis et portant des revendications concrètes jusqu’aux victoires effectives. Les 10 premières années d’expérience de ReAct Transnational ont montré qu’il ne suffisait pas de se mettre en contact entre personnes défendant les mêmes intérêts pour construire un tel réseau et mener des actions ensemble. L’organisation à chaque échelle est la clé pour réussir : du niveau le plus local jusqu’au plus global, à travers une coordination structurée. ReAct Transnational agit donc sur deux fronts:

  • Mener des campagnes globales contre des multinationales précises en faisant un travail de recherche stratégique, d’animation de coalition, de médiatisation et d’appui à l’organisation de syndicats locaux directement affectés par les abus des multinationales ciblées.
  • Soutenir le renouvellement du syndicalisme transnational en développant la mise en lien de syndicats progressistes au sein du Global Labour Institute et en accompagnant la formation d’alliances syndicales transnationales

 

 Mener des campagnes globales  

L’aggravation des inégalités et de la crise climatique et environnementale ont pour cause principale la domination des intérêts de plus puissants sur ceux de la majorité et sur la préservation de la planète et des écosystèmes. Les grandes entreprises multinationales centralisent, organisent et financent la défense des intérêts de ces élites à tous les niveaux. En 30 ans, le nombre de sociétés multinationales a été multiplié par 10 et dans 85% des cas, le siège de la société mère se trouve dans un État du Nord. La France est le siège de 20% des 50 plus grandes sociétés européennes et 65% des sociétés françaises cotées font l’objet de controverses sur le respect des droits humains et de l’environnement d’un bout à l’autre de la chaîne de valeur. Accaparement de terres, pollution, corruption des élites locales, travail des enfants, non-respect du droit du travail, criminalisation des syndicalistes… les violations se multiplient partout. Face à cela, la construction de forces syndicales locales est une condition nécessaire mais pas suffisante pour défendre nos droits sociaux, environnementaux et économiques. Pour gagner, il est indispensable de faire pression à tous les niveaux et de se coordonner à l’échelle globalisée à laquelle s’organise le pouvoir aujourd’hui.

ReAct Transnational contribue ainsi à la construction d’alliances internationales, capables de mener des campagnes globales et concrétiser des victoires. Elles ont déjà permis la création de l’Alliance transnationale des riverains de Socfin/Bolloré (Agro-industrie d’huile de palme), l’Union transfrontalière des salarié.es de B2S (Centres d’appel), de ST Micro (Electronique) ou encore la Fédération transnationale des coursiers (Plateformes de livraison).  Ces campagnes permettent de mobiliser les leviers économiques, médiatiques, juridiques et politiques pour amener les victoires locales vers des victoires mondiales pour les droits humains et environnementaux. La multiplication des leviers de pression, alimentée par la recherche stratégique, ainsi que la construction de coalitions, permettent le rééquilibrage progressif du rapport de force pour des décisions plus justes.

 

Renouveler le syndicalisme transnational  

L’essor des entreprises multinationales, l’éclatement des frontières, la diffusion accélérée de nouveaux modèles de gestion et la privatisation des services publics constituent autant d’éléments qui incitent les organisations syndicales à tisser des liens avec d’autres acteurs et à élargir les bases de leur action. L’action syndicale locale ne peut plus à elle seule répondre aux urgences sociales, climatiques et politiques. Par ailleurs, les stratégies de délocalisation des multinationales incitent également les syndicats à nouer des alliances avec d’autres syndicats de par le monde, que ce soit entre syndicats du Nord ou avec ceux du Sud. Ces alliances adoptent une diversité de formes, de la création d’espaces de dialogue social au développement de campagnes combatives à l’encontre de multinationales. Il est aujourd’hui nécessaire, pour les syndicats, de diversifier leurs stratégies d’action et de s’organiser à l’échelle globale afin d’accroître leur pouvoir. C’est pour répondre à ce défi que ReAct Transnational porte le développement du GLI [Global Labour Institute], un réseau de plusieurs centaines de syndicalistes et militant.es, tous.tes cherchant à rétablir le mouvement syndical dans son but initial : être le moteur d’une transformation radicale de la société. L’ambition de ReAct Transnational vise ainsi à faciliter les liens entre syndicats de différents pays en constituant un réseau de syndicalistes progressistes et internationalistes, en organisant des rencontres régulières et en facilitant le lancement de nouvelles alliances syndicales transnationales. Ces alliances transnationales sont alimentées par un travail de réflexion mené par ReAct Transnational avec syndicats, chercheur.euses et militant.es, sur le renouvellement de l’internationalisme syndical. Avec nos alliés nous ouvrons des espaces de réflexion et de formation internationaux visant à tirer les leçons de la pratique concernant les outils de mobilisation, les liens possibles avec les mouvements sociaux et citoyens, ou encore les conditions d’actions transnationales victorieuses. Il vise également à outiller l’ensemble du mouvement syndical, notamment autour des pratiques de community/union organizing, afin de contribuer au renouvellement des pratiques syndicales partout où c’est nécessaire.

Les méthodes d’organisation de ReAct Transnational sont diffusées dans différents pays par le recrutement, la formation et le déploiement d’organisateurs.trices désireux.ses de participer au changement des conditions d’existence de leur pays. Notre expérience montre qu’en se mobilisant via des actions non violentes sur des revendications concrètes et atteignables, les personnes acquièrent progressivement la capacité d’action collective et la vision nécessaire à un changement social profond.

 

Ainsi, nous pensons que, si elle est réalisée à une échelle globale et soigneusement coordonnée, cette combinaison de stratégies locales et transnationales contribue à la transformation sociale et politique et à l’émancipation des individus en augmentant leur puissance démocratique d’agir. En maintenant une pression mondiale sur les multinationales dans des secteurs économiques clés, nous pouvons provoquer des changements majeurs et systémiques de façon démocratique et non violente. Il est urgent de remplacer un système social, économique et environnemental insoutenable par un système responsable, démocratique et garantissant une distribution juste et pérenne des ressources.