SOCFIN débusquée en Suisse

Par un rassemblement citoyen devant ses locaux, des militant.es de la société civile accusent l’entreprise, dont Bolloré est actionnaire, d’affecter gravement les communautés locales via ses monocultures agro-industrielles.


Ce mercredi 10 mai à Fribourg, une vingtaine de citoyen.nes et militant.es de diverses organisations suisses et françaises dont ATTAC, Uniterre, et le React se sont réunis devant les locaux de la SOCFIN et demandent des comptes aux cadres de l’entreprise, en solidarité des communautés affectées. Banderoles, prise de paroles et de la terre pour symboliser l’accaparement de terres arables auprès des paysans et riverain.es des plantations SOCFIN : voici l’objet de l’interpellation des dirigeants.

SOCFIN est un groupe agro-industriel multinational spécialisé dans la culture de palmiers à huile et d’hévéa (caoutchouc). SOCFIN est contrôlée par l’homme d’affaire belge Hubert Fabri (50,2% des parts) et par le français Vincent Bolloré (39% des parts). Le groupe dispose de sociétés financières et opérationnelles en Belgique, au Luxembourg et en Suisse qui gèrent des plantations dans une dizaine de pays africains et asiatiques. Profitant pleinement de la hausse des cours des matières premières agricoles après les crises alimentaires de 2007/2008 et pariant sur la hausse structurelle de la demande en huile de palme dans les prochaines années, SOCFIN a mené une stratégie d’expansion agressive sur les terres agricoles ces dernières années.

Entre 2008 et 2015 les plantations de la société sont passées de 127 515ha à 186 767ha, soit une augmentation de plus de 46%. De plus, ces surfaces plantées ne représentent qu’une partie de l’ensemble des terres contrôlées par le groupe, car SOCFIN détient des concessions pour un total de plus de 400 000 hectares dans le monde.

Cette stratégie d’expansion du groupe a mené à de fortes tensions foncières de terres dont les impacts sur les conditions de vie des populations locales ont été largement documentés et dénoncés par les associations locales et internationales. Dans plusieurs cas, les conflits provoqués ont déclenché des actions de protestation qui ont parfois été violemment réprimées par les forces de sécurité.

Face aux abus de l’entreprise, les communautés locales se sont organisées au niveau national et international. Dès 2013, une « Alliance internationale des riverain.es des plantations SOCFIN/Bolloré » a été mise sur pied. A plusieurs reprises l’Alliance a fait valoir les droits des communautés et a présenté ses revendications au groupe SOCFIN/Bolloré en vue d’une résolution pacifique des conflits, sans réel succès à ce jour. Loin d’accepter un dialogue constructif, les dirigeants de SOCFIN se contentent de déclarer que « la référence à de tels conflits sociaux relève du fantasme ».

 

Localement, les mobilisations non-violentes répétées des riverain.es ont permis d’arracher l’ouverture du dialogue dans quelques pays. Mais les progrès sont très lents et les avancées concrètes insignifiantes pour les paysans touchés, malgré la nouvelle « politique de gestion responsable » adoptée par SOCFIN en 2016.

La revendication principale portait sur l’ouverture d’un dialogue effectif entre la SOCFIN et les représentants légitimes des communautés affectées : l’alliance des riverain.es. Prévenue en avance de l’action, la réaction de la SOCFIN a été de fermer ses bureaux et de donner congés à ses employés pour l’après-midi. Cette réaction est emblématique de l’attitude de l’entreprise lorsqu’on l’interpelle sur les conflits qu’elle provoque.

Cette stratégie de l’autruche ne fait cependant que renforcer la détermination des organisations à interpeller la SOCFIN à travers de nouvelles actions.

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SOCFIN veut de la terre, on va lui en donner !
Accompagnés du ReAct et de ses partenaires, les citoyen.nes suisses et français ont répondu a l'appel des communautés locales et viennent interpeller la SOCFIN.
Attention, l'accaparement des terres tue.
Elle tue la vie des agriculteurs locaux qui se voient privés de leurs terres et de leur gagne-pain. Elle tue la vie des riverain.es qui voient leur environnement pollué. Elle tue la nature qui se fait détruire au détriment de milliers d'hectares d'huile de palme et d'hévéas.
La SOCFIN, apprenant la présence des associations venus en soutien des riverains (Synaparcam au Cameroon etc.), a congédié ses salarié.es et a refusé le dialogue... Mais les riverain.es et citoyen.nes solidaires continueront leur mobilisation pour que la Socfin assume ses responsabilités et ouvre enfin le dialogue.

 

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