Sortie de « Balayons les abus », Marielle Benchehboune, novembre 2020.

« Bon, les filles, on n’a rien à perdre. Notre fiche de paie est déjà vide. Moi toute seule, ils vont me virer. Toi toute seule, ils vont te virer. Mais si on est toutes ensemble, ils ne pourront rien faire. »


Lorsque Aissatou, femme de chambre d’un hôtel, décide de rejoindre le syndicat, elle ne pensait pas se retrouver avec ses collègues, à préparer la lutte.
Rencontres, tête-à-tête, réunions, élections de porte-parole, formations, actions collectives, entraînement à la négociation…
Marielle Benchehboune décrit comment ces femmes salariées ont trouvé les capacités indivi­duelles et collectives d’agir face aux injustices dont elles sont victimes.

L’histoire des femmes de ménage d’un des plus grands centres commerciaux d’Europe, celle des femmes de chambre de sept hôtels ou encore celles des femmes agents de service hospitalier d’une clinique de l’ouest lyonnais racontent comment il est possible de s’organiser et de gagner.

Marielle Benchehboune est militante au ReAct et « organisatrice syndicale », fonction peu courante dans le syndicalisme français. Elle s’inspire des méthodes des labor organizers anglo-saxons, que Ken Loach a rendues célèbres dans son film Bread and Roses. Grâce aux techniques de l’union organizing forgées aux Etats Unis, elle a appuyé l’organisation collective de ces femmes. Elle livre un récit poignant, ponctué de témoignages d’extraits de son carnet de bord, revenant sur les spécificités de son métier d’organisatrice et faisant un état des lieux des conditions de travail et des combats de ces femmes salariées.

 La postface de Karel Yon apporte un éclairage sur ces nouvelles formes d’organisation du salariat dont le rôle a été souligné pendant la crise sanitaire.

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